Par Louis Doucet, collectionneur et commissaire de l'exposition Macparis

Les huiles sur toile d’Anna Mindszenti Calisch, souvent de grandes dimensions, sont toutes en noir et blanc, avec des figures floutées qui font penser au tirage d’une photographie qui aurait été bougée, ratée…
Le parallèle n’est pas fortuit car les sujets figurés se révèlent à la façon dont apparaissent ceux des images photographiques dans un bain révélateur. Il s’agit bien d’une révélation, d’une apocalypse picturale, d’un univers peuplé de fantômes arc-boutés sur leurs mystères. Leurs ombres vacillent, vibrent, se dissolvent dans le néant du fond, ne laissant saisir que leurs âmes impalpables et évanescentes.
L’univers nocturne d’Anna Mindszenti Calisch n’est pas vide. Il est dense, rempli de mouvements, de bruissements, de passages furtifs, de présences incertaines, de combats dérisoires… En attendant les premiers rayons d’une aube qui tarde à s’affirmer, les corps baignent dans des halos fuligineux, brûlés par un feu intérieur qui les consume et les réduit en cendres.
L’artiste place le spectateur face à ses propres obscurités, aux zones sombres et irrévélées – au sens photographique de ce terme – de sa propre personnalité, de sa propre intériorité.